Le respect attire le respect

  • Le respect attire le respect

    Le respect attire le respect

    « Dégage de la route, t’as même pas de permis, pis tu payes même pas de plaque avec ton (bip!!) de « bécyk » à pédale!! »

    Plusieurs compatriotes cyclistes ont déjà entendu cette phrase célèbre, devenue un véritable cri du cœur de l’automobiliste en proie à libérer sa frustration lors d’une rencontre avec un cycliste qui risque de le ralentir sur sa route. Si vous roulez sur les routes au Québec, vous risquez vous aussi de l’entendre.

    Et pourtant. Si vous roulez sur les routes, ce n’est pas faute d’avoir essayé les pistes cyclables. En plus d »être souvent structuré de manière aléatoire et farfelu,  la circulation sur les pistes cyclables est abondante et renferme un tas de surprises comme des promeneurs de chiens, des patineurs à roulettes, des véhicules électriques, ainsi de que mamans à poussettes! Alors pas surprenant pour vous de considérer qu’il est plus opportun et plus sécuritaire de rouler sur la route, et vous avez probablement raison.

    Vous devrez cependant vous armer d’une bonne dose de patience. En effet, nul besoin de faire du yoga pour vous entraîner à rester zen : au Québec, le cyclisme c’est un excellent exercice de contrôle de soi.  Vous traverserez probablement toute une gamme d’émotions, et je ne parle pas ici uniquement de ces montées qui vous feront perdre haleine, ou de ces longues distances qui mettront à l’épreuve votre endurance. Je pense plutôt à la cohabitation automobiliste-cycliste, qui risque aussi de vous en faire voir de toutes les couleurs!

    Et pourtant. Malgré les défis que posent un partage respectueux de la route, rien ne m’empêcherait de pratiquer ce sport, qui prend si rapidement des allures de passion! Sachant que plusieurs d’entre vous partagent le même amour du vélo, je vous partage mon truc pour éviter la crise de nerfs et conserver votre calme lors de vos sorties.

    Roulement de tambour…De truc, il n’en existe pas! Pourtant, je crois en être arrivé, après plus d’une quinzaine d’année d’efforts et d’expérimentations sur les routes québécoises à une solution : rester ZEN! Comme pour le vélo, le contrôle de soi vient avec la pratique, et je vous le garantis, pour ceux avides de défi, c’est tout un entraînement.

    Avant d’en arriver à cette conclusion, j’ai testé différentes approches, dont celle d’être plus agressif et revendicateur.  Croyez-moi sur parole, un héros en collant, ça ne fait pas long feu sur les routes du Québec!  Crier haut et fort mon droit de rouler sur les routes ne m’a pas mené bien loin.  Si vous optez pour cette approche, je vous avertis : ce sera à vos risques et périls.  Je sais que les super-héros sont tendance, mais jouer les justiciers en rattrapant un véhicule à une lumière n’aidera pas la cause que vous défendez!  Intervenir auprès de quelqu’un, « à chaud », sous le coup de l’émotion, risque d’envenimer la situation et de se terminer à l’hôpital ou la cour!  Il ne faut pas oublier que vous ne savez jamais sur qui vous allez tomber… ça surprend un gars armé d’un bâton de baseball surgissant d’une Toyota Tercel!  Même s’il ne porte pas le nom de Barry Bonds, vous vous découvrirez des talents de sprinter à « coup sûr »!

    Si je vous raconte tout ça, c’est que je continue de croire que, dans la vie, on récolte ce que l’on sème.  Lorsqu’on est cycliste, cet adage est encore plus parlant : peu importe que ce soit vous ou un autre héros en collant qui l’ait semé, pour plusieurs automobilistes, on est tous pareils.  On est celui qui lui a coupé le chemin à l’intersection du supermarché, on est celui qui circule entre les rangées pendant qu’il est pris dans l’embouteillage, cow-boy à l’heure de pointe, on est celui qui ne fait jamais ses arrêts et qui ne respecte aucune signalisation. Pour plusieurs automobilistes, on est celui-là, ce cycliste qui se donne tous les droits et qui n’a rien à payer en retour!

    Pour ma part, j’en ai assez de cette opposition perpétuelle entre cyclistes et automobilistes. J’ai grandement envie de prouver au monde entier que les cyclistes ne sont pas juste des cons qui se croient tout permis, qui usent pleinement de leur droit de circuler sur les routes en se prenant pour des superhéros invincibles.

    Plusieurs d’entre nous ont la chance de rouler dans des clubs et de porter  des vêtements garnis de commanditaires qui soutiennent le cycliste que l’on est…

    …mais qui sommes-nous dans le fond!?!?

    Voyons plus grand que nous. Au-delà de notre équipe, je crois que nous nous devons d’être des ambassadeurs du cyclisme québécois, et pas uniquement lors des courses. On se doit aussi d’être les meilleurs cyclistes de la province!  Les meilleurs non pas pour pousser des watts (quoique ça aussi!), mais également les meilleurs exemples de comportement à vélo.  Il faut être ceux dont les comportements frôlent la perfection, ceux qui inspirent jeunes et moins jeunes à rouler en respectant les consignes de sécurité. On doit montrer aux automobilistes qu’on est au-dessus de ces escarmouches, de ces chicanes de voisins de route, que nous, on choisit de bien faire, et de rouler avec classe! On doit renverser la vapeur et prouver aux automobilistes qu’on mérite leur respect, et notre place sur la route.

    Arrêtons de pointer tout le monde du doigt: regardons-nous juste un moment!

    Faites-le au nom de ce sport, de cette passion qui nous habite et qui grandit de plus en plus au Québec. Mais faites-le aussi, et plus que tout, pour ceux que vous aimez: votre petite sœur, votre père, ou encore votre fils, qui rouleront bientôt des milliers de kilomètres sur les routes du Québec.  Moi je le fais et je continuerai à le faire pour ma blonde, Isabelle, que j’aime fort, et surtout, surtout, pour ma petite futur frisée que j’adore : ma petite Simone, la relève cycliste de demain!

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